Un parieur qui refuse 14 millions de F CFA

« Chaque chose à son temps » dit-on couramment. Et Amara ne dira pas le contraire, parce qu’il a failli devenir fou, pour avoir refusé un gain de 14 millions au Pari mutuel urbain burkinabè (PMU/B). Fidèle parieur, Amara a l’habitude de prendre les grands carnets comme aiment dire les fidèles clients de la maison de la chance du Burkina. Sauf erreur de notre part, le grand carnet est la combinaison de jeu avec plusieurs chevaux à la fois. Amara après une longue recherche de bons chevaux ce jour, s’était présenté devant la vendeuse du quartier.

Il communique sa combinaison à la demoiselle qui, par maladresse, écrit un chiffre autre que celui demandé par Amara. Elle remet le ticket de jeu à Amara. Après observation, il se rend compte de l’erreur. Amara a rougi sur place et a commencé à insulter la vendeuse. Malgré les excuses demandées par la vendeuse, Amara continuait de se plaindre. D’autres clients qui étaient sur les lieux, l’ont calmé et la vendeuse a repris la combinaison normale demandée par Amara. Avant l’arrêt du jeu, la jeune fille propose le ticket rejeté par Amara à un de ses clients. Ce dernier prend le ticket et joue en plus dudit ticket les chevaux qu’il avait choisis. Les résultats du pari sont donnés dans la soirée. Amara comme tous les parieurs fidèles, se pointe au même kiosque de vente.

La combinaison qu’il a refusée, est l’arrivée du jour et dans l’ordre. Il observe les chiffres un à un. Il reprend le même geste une fois, deux fois et plusieurs autres fois. « Merde ! Je suis passé à côté. Quelle malchance ! ». Il bouge du kiosque, fait quelques pas et y revient. Il reprend à nouveau le contrôle. C’est bien la combinaison qu’il a refusée qui est arrivée dans l’ordre. Amara retourne chez lui les larmes aux yeux. Pendant qu’Amara pleurait sa malchance, le parieur qui a osé prendre le ticket proposé par la vendeuse, fêtait son gain de 14 millions. Juste après paiement des 14 millions, l’heureux gagnant est allé payer une moto à laquelle il ajoute la somme de 200 000 et remet le tout à la vendeuse. Amara qui ne croit toujours pas à ce qu’il a vécu, est choqué par l’évènement.

A force d’y penser et surtout que sa situation financière se dégrade de jour en jour, Amara a perdu beaucoup de son poids et passe toutes ses journées dans les kiosques de vente des tickets PMU. Si Amara s’était inspiré de l’idée d’Al-jawbari qui dit, « Celui qui risque quelque chose de précieux, dans une opération, gagne quelque chose de précieux aussi, lorsque cette opération réussit », il n’allait pas rater cette importante somme.

Souro DAO /daosouro@yahoo.fr

L’Express du Faso

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