Le wackman et la femme de son client

Tout comme à la loterie, les magiciens, les marabouts et les wackmen font des heureux gagnants et évidemment des perdants. Ce n’est un secret pour personne, les devantures des cabinets de ces êtres spéciaux sont bondées de monde aux bonnes heures.

Chacun a son problème ou ses problèmes au fond de lui attendant de s’ouvrir au « sauveur ». Pendant que les uns cherchent à tout prix à devenir riches, très riches, les plus riches mêmes, certains veulent nuire ou en finir avec un semblable.

Au secteur n°16 (Cissin) de Ouaga Marco, un jeune du quartier nouvellement marié, comme par hasard semblait avoir trouvé le wackman vrai, le bon. Chaque fois qu’il perdait son emploi, il le retrouverait par la force magique du wackman. Ce vieil homme, la soixantaine bouclée, était devenu pour Marco le « tout puissant ».

Mais ce que Marco ne sait pas c’est que son vieux wackman était venu dans le quartier pour mieux se rapprocher de Mariam « la femme de Marco » qu’il guettait depuis qu’elle était jeune fille jusqu’à maintenant. Mariame possédait des rondeurs qui faisaient saliver notre marabout. Il lui suffisait de la voir et tout ses sens entraient en éruption, comme un volcan en pleine activité.

Un jour, le vieil homme proposa, pour combler son fidèle client un gris-gris qui le rendait très riche pour de bon. Pour ce faire, il faudrait commencer par débourser 10 000 F pour les premiers ingrédients. Ah ? ! Ces types sont presque tous les mêmes. Souleymane point BF « un comédien » dans le rôle de magicien dans les bobodiouf disait à ses clients ceci ? : « il faut m’aider à vous aider » ? ; pour leur escroquer de l’argent.

Bref, lorsque Marco apporta la somme demandée, le vieux jeta les espèces dans un canari qu’il recouvrit de plumes et divers autres matériaux pour mystéfier son client.

Il dit ensuite à ce dernier qu’il doit venir trois fois par jour et sa femme quatre fois pour des rites pendant plusieurs jours. Les rites consistaient à poser les mains sur le canari après de multiples gestes. De curieux voisins, pour avoir remarqué le défilé de Marco et de sa femme lui conseillèrent de se méfier du vieux parce qu’il cherche une occasion juste pour coucher avec sa femme. Alors Marco mit sa femme au courant des intentions du wackman.

Effectivement, il demanda un jour à la femme de se déshabiller et d’exécuter ses décisions. Il ajouta que si elle désobéissait, le wack ne fonctionnerait pas et du même coup, son mari ne deviendrait pas riche. La femme sortit et mit son mari au courant.

Celui-ci guidé par le fait d’être riche et tout de suite dit à sa femme de faire semblant d’accepter pour mener le wackman au bout de son forfait. Aussi la scène se répéta plusieurs fois. Convaincu des intentions réelles du wackman, Marco dit un jour à sa femme de ne jamais céder et si toutefois il voulait forcer, qu’elle fuit avec le fétiche.

Ils le conduiraient au commissariat. Ce fut fait et le wackman affirma au commissariat qu’il avait déjà couché avec la femme pendant que son mari était dehors ?et qu’il ne regrettait rien. Il fut enfermé et une enquête fut ouverte pour mieux comprendre les dessous de cette pratique. Ne dit-on pas que « à force de vouloir trop gagner, on finit toujours par tout perdre ? ! ».

Kibsa KARIM

L’Hebdomadaire du Burkina

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