Faits divers de Sacré : Le divorce de l’instituteur

La petite Yéri a 14 ans avec un physique et une beauté qui promettent. Yéri sera une très belle créature ; c’était sûr et il n’était pas besoin d’être grand clerc pour s’en apercevoir. Déjà les hommes lui décochaient des regards coulants d’envie. Du lot, l’instituteur du coin. Mais Yéri étant trop jeune pour saisir ces muettes avances, l’instituteur fera carrément la cour à ses parents. Aux mois de carême il leur envoyait du sucre et des fruits, se proposait de rendre de menus et grands services ; et pendant les vacances il participait aux travaux champêtres de la famille. Il était toujours là même quand on n’avait pas besoin de lui. S’étant fait adopter par cette famille, il finit un jour par avouer au père les sentiments qu’il ressentait pour Yéri. Bref,

il la voulait pour épouse. Le père fut ravi, la mère enchantée mais Yéri, elle avait une toute autre vision de l’affaire. Yéri a maintenant 16 ans et elle est amoureuse, pas de l’instituteur, mais de Sié un jeune militaire sans grade mais avec un bel uniforme qui séduit littéralement la jeune paysanne. Du reste, ce militaire sera son premier homme et cela, puisqu’elle ne se cachait plus pour aller le rejoindre. Ses parents et l’instituteur ayant remarqué la chose, décidèrent de précipiter le mariage. Cela fut fait à la traditionnelle et le même soir, l’instituteur amenait Yéri sur sa motocyclette. Chemin faisant Yéri demanda à son nouveau mari de ralentir, car elle avait une envie à assouvir.

L’instituteur obtempéra et la jeune mariée sauta de l’engin et s’enfuit dans la brousse. On la rechercha plusieurs jours durant et l’on finit par la retrouver chez Sié son militaire. Avec coups et injures, on l’obligea à retourner chez l’instituteur. Du temps passa et Yéri sembla accepter son sort, or elle ne faisait que penser à la manière dont elle se débarrasserait de l’instituteur pour rejoindre son militaire. Le maître d’école avait une petite télé noir- blanc alimentée par une batterie. Une batterie a forcement de l’acide pour fonctionner.

Personne ne sait qui lui souffla la chose, mais un jour Yéri ajouta une bonne quantité de cet acide là à fa sauce qu’elle servit à son mari. Celui -ci à midi après les cours vint, s’attabla et se servit une bonne assiettée de riz qu’il arrosa copieusement avec la sauce à l’acide. A la première cuillerée, il constata que son riz avait un goût bizarre mais il l’avala en se disant que cette paysanne avait tout sauf l’art de cuisiner. A la deuxième cuillerée, la chose passa plus difficilement. A la troisième il aperçut comme une vague odeur d’acide.

Instinctivement il tourna ses regards vers le coin où se trouvait la bouteille d’acide. Elle était à moitié vide. La boule de riz sortit avec vitesse de sa bouche. Il avait compris. Il enfonça toute la main dans la gorge pour vomir en vain. Les parents de Yéri furent forts étonnés de le voir arriver chez eux, les yeux hors de leurs orbites et poussant Yéri devant lui. Il leur cria : « je vous envoie votre sorcière, je ne veux plus d’elle » puis les laissant pantois, il détala à l’infirmerie où, l’agent de garde le soigna. Deux jours plus tard alors qu’il était chez lui, l’instituteur vit arriver les parents de Yéri. Elle était avec eux. Dès que le père lui fit comprendre qu’il lui ramenait son épouse, l’instituteur se leva, enfourcha sa motocyclette et se sauva au chef lieu de province où il supplia ses supérieurs de l’affecter ailleurs, hors de la province, loin de Yéri et de ses parents, qu’il qualifiait de famille d’assassins. C’est ainsi que Yéri eut sa liberté et qu’elle put enfin rejoindre Sié, le militaire qu’elle aimait.

Alors, vous les Yéri du Burkina et d’ailleurs bon… je me tais !

Sacré Seydou OUEDRAOGO

Sidwaya

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